Choeur de chambre Vibrations direction : Sabine Argaut

Concert anniversaire (unidivers – le web culturel breton)

16 mai 2017

Article de presse par Thierry Martin (unidivers) :

LE CHOEUR DE CHAMBRE VIBRATIONS FÊTE ENSEMBLE SES DIX ANS !

Le chœur de chambre Vibrations, ensemble de chanteuses et de chanteurs semi-professionnels, a créé pour ses dix années d'existence un concert anniversaire autour de la présence d'Anthony Girard en l'église Saint-Étienne de Rennes. L'auteur invité des Dix commandements a assisté avec dévotion à l'exécution réussie de son œuvre par l'ensemble dirigé par Sabine Argaut.

 

Avant de vous parler de cette soirée, revenons sur l'historique de cette formation. C'est en 2006 que le chœur de chambre Vibrations a vu le jour au Rheu. Marqué dès le départ par un souci de qualité et l'exigence d'un niveau de chant confirmé, c'est dans le vivier des chanteurs amateurs expérimentés que Sabine Argaut et son co-créateur de mari ont choisi de recruter. Lorsque l'on assiste à un de leurs concerts, il est aisé de comprendre le bien-fondé d'une telle démarche. Il est clair que le travail s'entend à chaque note, tout est pesé, vérifié et en parfaite harmonie. Rien à voir avec l'enthousiasme souvent brouillon d'un ensemble « À cœur joie », on est là en présence d'un résultat de haute volée. Le répertoire est assez ample, allant du traditionnel français à des sons plus largement contemporains.Pour lors, c'est un florilège des dix œuvres les plus emblématiques du groupe qui avait été choisi pour fêter dignement cette décennie d'existence. Comme à chaque concert, nous avons connu des petits coups de cœur, cette fois c'est le poème de Pierre de Ronsard, mis en musique par Guillaume Costeley, (1530-1606) qui nous a enchantés tout en nous rappelant quelques souvenirs parfois lointains. Ensuite Music for a While de l'Anglais Henry Purcell, inoubliable auteur du King Arthur nous a séduit par sa très « british » élégance. La musique française ne fut pas en reste et À la claire fontaine fut susurré avec délectation par tout un public retombant en enfance pour quelques instants. Curieuse conclusion d'ailleurs, pour ce joli traditionnel Français que les soudains battements de mains et coups sur la poitrine alternés, rappelant furieusement le We will rock you du groupe Queen, et qui pose clairement la question de la théâtralisation des groupes de chant choral. Furieusement mis à la mode par Laurence Equilbey, la très fameuse cheffe de chœur française, cette habitude de mélanger au chant, les mimiques et les déambulations peut s'avérer aussi intéressante que déroutante. Par deux fois, le groupe s'est déplacé dans l'allée centrale, tout en laissant des chanteurs un peu décalés, créant des effets d'échos et tirant un profit maximum de l'acoustique particulière d'une église. Et ces moments, véritablement au service de la musique furent enchanteurs. Cela conduit à penser que dans ces conditions particulières, l'idée d'une certaine mobilité est tout à fait de bon aloi, encore convient-il de ne pas en abuser et d'en faire une règle systématique, au risque de nous éloigner un peu de l'essentiel, la musique.

VIBRATIONS

Le compositeur Anthony Girard (de profil)

Dans son discours de bienvenue, Sabine Argaut avait exprimé le souhait qui est le sien de pouvoir participer à la création d'œuvres nouvelles, ce qui à ses yeux constituait un palier dans la vie de son ensemble et Les Dix commandements d' Anthony Girard étaient l'occasion rêvée de le franchir. Dès le premier commandement, une ambiance céleste entraîne l'auditeur vers un désir de méditation, la forme musicale, très contemporaine, a quelque chose d'incantatoire et de vertigineux, on se perd dans le méandre des mélodies comme dans la répétition parfois obsédante des premières syllabes des commandements. Tu… tu… tu… tu ne tueras point ! D'autoritaire, le discours devient plus doux et consensuel et nous invite à réfléchir plus que de nous intimer un ordre. Une double réussite, tant pour Anthony Girard que pour Sabine Argaut.

 
 
 

ENSEMBLE VIBRATIONS RENNESThe willow song de Ralph Vaughan Williams (1872-1958) sur un texte de William Shakespeare a continué de nous faire perdre pied, plus question de penser, le seul désir est de se laisser entraîner dans une sorte de rêverie onirique et le morceau suivant To the unamed light ne produira pas un effet différent. Cette musique de Francisco Féliciano (1941-2014) sur un texte de Rabindranath Tagore (1861-1941) exerce une fascination poétique qui permet avec aisance de s'extraire du réel.

Une plaisante surprise servira de conclusion à cet heureux anniversaire puisque Sabine Argaud invitera les anciens membres du chœur présents dans les travées (et ils étaient nombreux) à la rejoindre sur scène pour chanter ensemble et en forme d'au revoir un beau chant traditionnel Norvégien, Ned I vester soli glader sur un arrangement musical de Grete Pedersen. Cerise sur le gâteau, ce qui convient particulièrement à un jour anniversaire, l'ensemble du public fut invité à partager un verre de l'amitié à l'issue du concert. Alors, non content de bien faire les choses, l'ensemble Vibrations sait aussi faire les choses en grand.
Une bien belle soirée.

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